Trois ans après le séisme ChatGPT, l'euphorie des débuts laisse place à une gueule de bois productive dans les conseils d'administration : où est l'argent ? Alors que 95 % des entreprises cherchent encore la rentabilité concrète de leurs projets IA, une coalition de 24 investisseurs majeurs de la Silicon Valley trace une nouvelle ligne d'horizon. Selon eux, 2025 sera l'année du labeur infrastructurel, mais 2026 marquera le véritable point de bascule vers une rentabilité opérationnelle massive et structurée.

Après une phase d'expérimentation coûteuse et souvent chaotique, un consensus émerge chez les investisseurs en capital-risque (VCs) : 2026 sera l'année où l'IA d'entreprise passera du statut de "gadget technologique" à celui de levier de rentabilité avéré. Ce changement sera piloté par l'abandon des modèles généralistes au profit de solutions verticales, l'intégration physique de l'IA et l'émergence d'agents autonomes collaboratifs.

  • La fin de l'avantage "Modèle" : La performance brute des LLM n'est plus un facteur différenciant durable (un modèle 10x meilleur peut sortir le lendemain). La valeur se déplace vers l'intégration verticale et les données propriétaires. Les startups IA pivotent d'un modèle de vente de produits vers un modèle de "Service/Conseil IA" pour garantir l'adoption.

  • L'IA conquiert le monde physique : Au-delà du code et du texte, les investissements massifs ciblent désormais l'application de l'IA aux infrastructures critiques (centres de données, refroidissement, réseaux électriques) et à l'industrie manufacturière, pour passer d'une maintenance réactive à une gestion prédictive.

  • L'avènement de l'Agent Universel : D'ici fin 2026, les agents IA pilotés (vente, support, RH) commenceront à converger vers des systèmes unifiés dotés d'une mémoire partagée. L'objectif n'est plus seulement l'automatisation, mais une collaboration complexe homme-machine où l'IA gère le contexte global de l'entreprise.

Ce qu’il faut retenir : Cette projection sonne le glas du "tourisme de l'IA" en entreprise. Pour les DSI, le message est clair : les budgets d'expérimentation "fourre-tout" vont disparaître. Ils seront réalloués massivement, mais exclusivement vers des solutions capables de prouver un ROI immédiat (gain de temps, réduction de coûts, sécurisation des données). Nous entrons dans l'ère de la rationalisation, où l'IA ne sera plus une innovation à exhiber, mais une infrastructure invisible et indispensable.

🛰️ Le radar du Big Data

Meta met la main sur Manus (plus de 2 Md$ selon le WSJ) pour muscler sa stratégie d’agents IA “généralistes”. L’opération souligne la bataille pour capter des usages récurrents (et des abonnements) via des assistants capables d’exécuter des tâches complètes, pas seulement de répondre.

SoftBank annonce l’acquisition de DigitalBridge pour ~4 Md$ afin de renforcer son exposition aux data centers et à l’infrastructure numérique dopée par l’IA. Le message est clair : la prochaine vague de valeur se jouera autant sur le compute, l’énergie et la capacité que sur les modèles. 

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